©®

 

 
   

 

 

DIOPTAZ-TRANSPARADOX

 

 
 

  

Transparadox©®,

¿Pourquoi?


 

Autres Sources:
--Dioptaz, Michel-Laurent, l'Eveil Trans-Paradoxal , l'Autre monde, N°132, Paris, jan. 1993, (SIRET : 316054 071 Commission paritaire: N°57540), p.74-77.
--Dioptaz, Michel-Laurent, l'Eveil Trans-Paradoxal ,, d'Un monde à l'Autre, N°2, (revue de l'université d'été « Trimurti »), Eté, 1994.

 

Le principe et la notion de « Transparadox » sont nés des recherches de Michel-Laurent Dioptaz sur les flux-structures, les articulations sous-jacentes aux effets de surfaces et sur la traversée des paradoxes. Phénomènes pour lequel Dioptaz inventa, le terme de "Transparadox". Un nouveau paradigme, dont il explore depuis plus de 40 ans, les dimensions et applications : plastiques, sensitives, cognitives et existentielles.

Sources  biographiques (Bibliographie, interviews, reportages et événementiels) : http://www.media.library.dioptaz.com/

 

Transparadoxale-intelligence

 

Le TRANSPARADOXAL©® ou TRANSPARADOX©® est totalement tourné vers l'expérimental, [0]il ne se donne pas pour tâche d'aborder les mécanismes d'ouverture de la conscience sous forme de spéculations intellectuelles. Toutefois comme nous sommes ici dans l'univers des pensées, c'est bel et bien elles qui vont devoir être utilisées pour expliciter un processus qui dans la pratique a  pour fonction, à l'inverse, de ne plus faire usage des pensées.

Mais, en fait, cette situation absurdement paradoxale convient plutôt bien à notre démonstration, puisque justement sont "Transparadoxaux" les niveaux de conscience et les vécus qui ramenés dans l'univers de la logique et des mots vont devoir être décrits sous forme de paradoxes alors qu'à l'inverse la personne qui les expérimente n'en éprouve plus le moindre.

 

            "Trans-paradox" signifie littéralement "Traverser le paradoxe".

 

            Tout nouveau mot réclame une définition mais "Transparadox" est un mot vraiment très particulier puisqu'il détermine l'événement où précisément les définitions basculent et changent de sens.

De plus "définir" est d'autant moins approprié que cela enferme dans des limites, alors que la fonction même des techniques Transparadoxales" est de les ouvrir.

 

            Mais tout d'abord, il nous faut donner un peu plus de "corps" aux paradoxes avant de manifester le pourquoi de ce "Trans" qui leur passe au travers.

On ne peut décrire un miroir sans tain en spécifiant simplement que l'on s'y reflète, il nous faut aussi signaler que de l'autre côté l'on voit au travers. Mais c'est encore tout autre chose lorsqu'il s'agit d'un miroir sans tain qui d'un côté reflète et de l'autre n'existe tout simplement pas.

Pour les personnes qui ne font qu'effleurer les paradoxes, ceux-ci peuvent apparaître comme de simples jeux de l'esprit, ou bien encore comme d'adroites figures de rhétorique ou, à l'inverse, comme des maladresses dans l'ordonnance des pensées. Mais le coeur des paradoxes s'ouvre sur tout autre chose que ces fantaisies, il s'avère entre autres être l'un des moyens les plus efficaces pour prendre conscience des limites mouvantes de notre mode de préhension et de construction du réel.

 

            Les paradoxes sont des "Picasso" de la pensée qui nous montrent leur devant et leur derrière au même instant. Ils peuvent offrir l'émerveillement d'une oeuvre d'Art à toute conscience qui les appréhende dans leur entièreté, ou une terrible grimace à l'esprit qui se laisse effaroucher.

Lorsqu'un paradoxe s'active en nous, c'est tout notre relief existentiel qui se trouve chamboulé. Voilà qu'il nous met le dedans dehors, le haut et le bas au même endroit et ainsi de suite... L'intellect ne disposant pas de cette souplesse, ne supporte pas d'être pareillement défiguré. Cette double contrainte, cette prise de judo placée aux articulations de sa réflexion, risque d'être très douloureuse et même blessante s'il ne lâche pas prise.

Et il faut faire attention car les paradoxes sont des mirages, dans lesquels on peut mourir noyé.

 

            Il y a de très nombreuses formes de paradoxes. Toutefois pour simplifier mon propos je[10] me propose de les classer essentiellement en deux grandes catégories:

            L'une regroupant toutes les formes de paradoxes qui se développent au sein même du mental et qui peuvent se résoudre sans avoir quitté le mental.

            L'autre étant constituée des paradoxes qui sont l'expression même de la scission fondamentale du mental et qui ne peuvent être résolus qu'en lâchant prise au mental. C'est essentiellement ces derniers qu'utilisent les techniques Transparadoxales.

 

            En ce qui concerne la première catégorie de paradoxes, ceux qui se développent dans les "replis" du mental, comme par exemple lorsque deux niveaux d'attention sont confondus, mêlant langage et métalangage. Ou bien encore lorsqu'un énoncé s'inclut lui-même. Ces types de paradoxes résultant des structures internes du mental peuvent être résolus en modifiant les boucles de sa réflexion. La résorption de ce type de paradoxes permet d'explorer et d'ouvrir les profondeurs et les richesses de l'outil mental, mais pas de déposer cet outil.

On peut, en effet,  profiter de la "galipette" qu'offre un paradoxe, pour rentrer à nouveau dans l'intellect, mais sous un autre angle. Ce qui permet d'assouplir et d'éclairer autrement l'ordonnance de ses pensées, de retourner nos schémas mentaux pour en dégager des lectures et implications nouvelles et, parfois même, d'établir un nouveau paradigme. Les nouvelles perspectives offertes sont souvent formidablement riches, et semble-t-il, tout particulièrement pour l'épistémologie[1]. Riche aussi en prise de conscience que d'évidence nous sommes des créateurs de réalité, avec les conséquences et les responsabilités que cela implique.

Dans cette approche le mental cherche à résoudre le paradoxe, pour acquérir plus de cohérence. En ce qui concerne l'approche Transparadoxale c'est l'inverse qui se produit, c'est le paradoxe qui va permettre de résoudre le mental.

 

            La plupart des paradoxes ne peuvent se résorber qu'en déposant le mode de lecture qui les engendre. Les paradoxes de la seconde catégorie étant la manifestation même des limites de fonctionnement de notre outil discursif, ne peuvent être résolus qu'en lâchant cet l'outil. C'est en cela qu'ils peuvent se révéler extrêmement précieux pour les explorateurs de la conscience, car ils déterminent l'exact point vital où peut se produire le lâcher prise.

 

            Le mental, notre outil basique de lecture du «réel», dédouble le monde en deux pôles pour le décoder[3]. Et, en raison de cette scission, éprouver les informations antagonistes de ces deux pôles, au même instant, est pour lui impossible.

S'il s'y essaie, voilà que ces contraires se chevauchent, provoquant une conjonction impraticable : le paradoxe.

            « - Comment pourrais-je percevoir du plein et du vide, du lourd et du léger tout à la fois? C'est paradoxal! C'est comme "ceci" ou comme "cela",  l'on ne peut pas vivre une chose et son contraire au même instant, il faut choisir: du " + " et du" — " ensemble, ça ne peut que provoquer un court-circuit.»

Et en effet, il a raison, cela court-circuite le mode d'attention qui tient ce raisonnement, cela court-circuite l'outil à séparer les polarités.

C'est de cette façon que fonctionnent les "koan"[4] Zen. C'est aussi de cette façon qu'interviennent les techniques Transparadoxales, bien qu'elles n'utilisent pas le même type de paradoxes, puisqu'elles emploient essentiellement les paradoxes induits entre le vécu du corps et la lecture que nous en avons.

 

            Cette catégorie de paradoxes manifeste les limites de fonctionnement de notre mental. Et, tant que nous ne disposons que de cet outil comme système d'appréhension du réel, ce sont nos propres limites existentielles que ces paradoxes manifestent. Notre "moi" étant à tel point identifié à cet outil que lorsque cet outil rencontre ses limites, elles deviennent nôtres. Ces paradoxes deviennent existentiels; leurs "décharges électriques" nous ramenant dans la sécurité de l'enclos de la logique des pensées, limitent et bloquent l'ouverture de notre champ de conscience et notre créativité.

 

            Bien sûr, ces limites sont extrêmement utiles, car non seulement elles structurent le "moi" et l'ego qui le revendique, mais elles placent aussi nos attentions en symbiose, au même niveau de lecture du réel. Ainsi, vivant les uns les autres la même interprétation du monde, nous pouvons nous y rencontrer, communiquer, échanger de l'information, agir ensemble, fabriquer un langage, une culture... Langage et culture qui, à leur tour, fabriquent nos limites.

Les limites engendrant ce qui les engendre, le système se mord la queue, la boucle est bouclée et ça tourne... Ainsi chaque jour nous nous réveillons dans la même réalité que la veille. Cette chose est comme ceci et s'appelle "comme ceci", cette autre est comme cela et s'appelle "comme cela"; c'est du solide!

            Mais nous payons le prix fort pour ce confort car, dans le temps où nous maintenons cette réalité, cette réalité nous tient à elle. Et nous y sommes à tel point assujettis que nous oublions qu'elle n'est que la partie visible de l'iceberg. Qu'elle fait partie intégrante d'un réel infiniment plus vaste qui ne s'arrête pas là où notre mental cesse de le percevoir et de le comprendre. Nous oublions que le mental trace dans le continu du réel des frontières d'autant plus arbitraires qu'elles varient d'une culture à l'autre, voire même d'un groupe ou d'un individu à l'autre. Nous oublions que la conscience humaine, peut se prolonger bien au-delà des boucles mentales qui se nouent "paradoxes". Nous oublions que là où le mental nous fait ressentir la séparation, c'est justement là que la vie se réunit. Nous oublions que ne disposant que de ce seul mode de compréhension qui fragmente et dédouble le réel, jamais nous ne pouvons participer en conscience de cette unité.

 

            C'est ainsi que dans les débats, on peut entendre dire : « ... mais ce que vous dites est totalement paradoxal!», sous entendu «c'est invraisemblable, impossible, absurde, maladroit etc.», démontrant d'évidence que les paradoxes sont instinctivement considérés (ressenti par le mental) comme des obstacles, des limites à la compréhension; et certes pas, comme des invites à s'ouvrir sur du plus vaste, s'ouvrir à une autre forme d'intelligence.

"Paradoxe" devient, en quelque sorte, le nom d'une clôture ressentie comme infranchissable, qui délimite le territoire de notre compréhension.

Nous disposons donc du mot "paradoxe" pour nommer le lieu où se referme notre entendement, mais nous n'avions pas de mots pour nommer ce même lieu lorsqu’il ouvre notre entendement.

C'est pourquoi, alors que le "paradoxe" est ressenti comme sans issue, "Transparadoxal"[5] nomme ce même lieu lorsque tout au contraire, l’on constate qu'il est une porte de sortie.

 

            Mais tout se passe comme si le mental ne tenait pas à considérer qu'il y a une issue à lui-même car, après tout, sa fonction est de maintenir sans cesse, le plus solidement possible, sa cohérence et par là même la réalité qu'elle manifeste ainsi que le moi qui s'y est identifié. Et, pour ce moi, il est très angoissant d'envisager que les paradoxes puissent être tout à la fois le lieu de notre enfermement mais aussi celui de notre liberté.

Difficile d'admettre que nous nous enfermons avec les clefs que nous avons forgées pour ouvrir le monde.

 

            Si j'[10]ai conçu ce nouveau terme c'est pour mettre en évidence  l'articulation d'un phénomène qui lui, n'est certes pas nouveau puisqu'il est vieux comme notre intelligence. Mais qui pourtant n'était pas clairement éclairé puisque pas nommé dans nos cultures[6]... Pourtant s'il est vrai que c'est l'endroit où l'usage des mots nous quitte, c'est aussi l'endroit jusqu'où il nous accompagne.

 

            Il existe bien sûr, des termes comme "non-dualité", "union des contraires"[7] etc. qui se posent encore au-delà, puisqu'ils nomment ce qui est, lorsque le mental n'est plus. Mais nous n'avions pas de terme pour nommer et reconnaître l'articulation elle-même, là où se produit la transmutation (bipolarisation dans un sens, et fusion des contraires dans l'autre).

 

            C'est ainsi que ce terme de "Transparadoxal", qui, à première vue pouvait apparaître fort complexe et bien curieusement cogité-alambiqué, est en fait des plus simples, puisqu'il est constitué du mot "paradoxe" qui détermine l'exact lieu du phénomène (mot pour lequel nous n'avons pas d'alternative, puisqu'il n'a pas de synonyme), et "Trans" qui est le préfixe qui convient pour signifier la traversée de ce lieu.

 

            Pour ma part, j'avais besoin de nommer cet espace vital, car tout comme l'on peut se sentir appelé vers les espaces de découvertes qu'offrent les profondeurs des océans, des forêts vierges, des microscopes, des mathématiques... Autant que je me souvienne, ma curiosité s'est toujours posée sur les mystères de cette articulation, sur les possibilités d'ouverture, d'intuition, et de liberté qu'elle révèle, expérimentant ses incidences sur l'ouverture de nos portes de la perception et sur les Arts qui fleurissent à chacune de ces portes...

A présent j'utilise le terme "Transparadoxal" pour désigner tout à la fois : la traversée des paradoxes, les procédures pour le faire et les états de conscience induits par cette traversée. Ces différents aspects n'étant dissociables que d'un point de vue mental.

 

*

 

            Il existe une grande diversité de méthodes pour induire cette "traversée", la plupart sont très anciennes et nous parviennent de cultures très diverses.

Mais en fait, toutes les techniques de méditation dans leur forme même révèlent l'écho de la distorsion transparadoxale qu'elles traversent. C'est ainsi que, d'une façon ou d'une autre, elles nous invitent à "faire" pour découvrir le "non-faire", s'adressent à notre intellect pour lui faire savoir qu'il ne peut pas comprendre, réclament que l'on fasse des efforts pour obtenir le "lâcher-prise" et ainsi de suite... Et ce présent texte n'y échappe pas, puisque me voilà dans de complexes explications pour vous révéler le sens du Transparadoxal qui, dans la pratique, consiste à utiliser les chemins de la plus simple des simplicités.

 

            Lorsque glissant sur "la plus simple des simplicités" on explore les lignes de moindre résistance du mental à lâcher prise à lui-même, apparaissent des endroits où ses limites paradoxales sont en quelque sorte moins "rigides", moins "irrévocables". Et c'est tout particulièrement le cas des paradoxes induits entre le vécu de notre corps et la lecture que nous en avons.

Ces paradoxes sont dus au fait  qu'à chaque instant, notre corps vit une multitude de situations bipolaires dans une totale simultanéité, alors que notre mental n'a accès à ces mêmes bipolarités que de façon successive.

 

            «Par exemple lorsque nous marchons, chaque pied, chaque jambe a un vécu  totalement antagoniste de l’autre. En effet, alors qu'un pied appuie puissamment sur le sol, absolument au même instant, l'autre pied s'envole se déplaçant dans le vide.

Voilà que, très exactement dans le même temps, le présent de notre corps gère d'un côté  le poids, la fixité, le toucher du "plein" et, de l'autre, la légèreté, le mouvement, le toucher du "vide"... Le yang et le yin sont présents absolument au même instant, et pas seulement successivement comme notre mental nous les donne à percevoir. L'attention dont dispose le mental peut passer très vite du ressenti d'un pied à l'autre : pression, envol, pression, envol... yang, yin, yang, yin... Mais elle ne peut appréhender le relief vital qu'offre le vécu "antagoniste" de nos deux pieds au même instant.»

 

            C'est ainsi, que là où le corps vit une unité, le mental va ressentir un paradoxe s'il s'essaie à participer consciemment de cette unité. Il  va se sentir écartelé là où la vie se réunit.

Et c'est en cela que ces paradoxes sont tout particulièrement précieux et pratiques car, non seulement, ils démontrent très simplement et radicalement que ce mode de fonctionnement cérébral ne peut avoir accès à l'unité d'un continuum. Mais ils nous offrent, aussi, un espace expérimental très particulier car les paradoxes y montrent comme une transparence. En effet, en cet endroit le mental se trouve juste à l'articulation de ce qu'il peut parfaitement concevoir mais ne peut plus expérimenter. Voilà qu'il se voit produire un paradoxe, là où pourtant sa propre logique lui montre qu'il n'y en a pas. Et ceci donne de curieuses propriétés à ce type de paradoxes car d'ordinaire, à l'inverse, c'est la logique qui produit les paradoxes.

Dans ce simple exemple de la  marche, le mental se dit:

            « C'est mon corps, ces deux jambes sont les miennes, donc ce qu'elles vivent je peux le vivre bien sûr! ...Oui, voilà, je ressens bien mon  pied qui appuie fortement et fixement sur le sol...  Mais, je constate aussi que dans le même temps mon autre pied en mouvement s'élève léger dans le vide... Mais ce sont deux informations totalement contradictoires! Que faire? Comment puis-je être léger et lourd, en mouvement et immobile tout à la fois? Comment faire?

Je peux ressentir et goûter tout le plaisir qu'il y a à marcher en ancrant puissamment, à chaque pas, mes pieds  dans la terre... Je peux aussi goûter cette liberté d'avoir des ailes au talon qui m'envolent à chaque enjambée. Mais c'est l'un ou l'autre : ou je ressens l'envol, ou je ressens l'ancrage, je ne peux éprouver les deux en même temps. »

Force est de constater qu'en utilisant ce mode d'attention on ne peut apprécier l'entièreté d'un processus aussi simple que "marcher".

Le mental comprent parfaitement cette bipolarité instantanée que vivent "ses" jambes, et pourtant dans le même temps il se doit de constater qu'il ne peut plus expérimenter ce qu'il comprend.

 

            C'est pourquoi, bien qu'il ne puisse les résoudre, l'intellect ne considère pas ce type de paradoxes comme des obstacles. C'est en cela que cette articulation de l'attention est un endroit privilégié pour mettre le mental en repos, car il ne s'y rebelle pas. Il peut ainsi y devenir très "souple" jusqu'à s'autoriser à s'abandonner complétement au lâcher prise...

Les techniques Transparadoxales ne servent pas à réunir les polaires, mais à mettre en repos nos conditionnements à polariser le monde.

 

             Invitant la totalité de l’esprit à participer de ce que vit le corps, les "Koan" Transparadoxaux se présentent ainsi:

            «-Peux-tu, en toute attention, participer de la totalité de ce que vit ton corps durant la marche?»

            «-Peux-tu, en conscience, percevoir tes deux mains pendant que l'une se ferme et que l'autre s'ouvre?»

            «-Peux-tu participer de l'entièreté de ton souffle lorsqu'il... de l'entièreté de ta main lorsqu'elle...»

Le moi mental ne se sent pas mis en danger dans des invites comme celles- là, il sent bien que l'être n'y est pas atteint dans son intégrité, et que tout au contraire ce sont des incitations à la cohérence, à l'unité.

En ces endroits l'ego n'a pas dressé de fortification, puisqu'il se sent chez lui, entre lui et lui... après tout c'est son corps.

Ne se sentant aucunement en péril, il veut bien jouer à se relâcher, jouer à entrer dans la danse du lâcher prise pour accéder à cette invite.

 

TRANSPARADOX-DIOPTAZ

            C'est pour toutes ces raisons que j'ai posé l'apprentissage du Transparadoxal à cet endroit. Là où l'on peut éprouver physiquement l'étroitesse de ses pensées,  ressentir dans et avec son corps les limites de notre mode usuel d'appréhension du réel.

 

            Les invites[9] Transparadoxales nous mettent au pied du mur, au pied du paradoxe. Elles nous placent d'emblée face à l'évidence expérimentale qu'il nous faut lâcher prise à ce mode de compréhension binaire si nous "désirons" participer de l'entièreté de l'instant, entrer dans le relief du présent.

En ce lieu où coïncident les opposés, les contradictions peuvent ou produire un paradoxe ou, à l'inverse, se résoudre dans une plénitude. Et, d'évidence pour répondre à ces invites, le choix réside dans notre mode d'appréhension du réel.

 

            J'ai conçu cette méthode de façon à utiliser notre perception dédoublée comme tremplin. Nous chevauchons notre dédoublement en posant notre attention sur des dynamiques du corps où à chaque instant, se résolvent spontanément ces distorsions de l'unité, les paradoxes. (Voir  chapitre "d'un geste de la main il ouvrit son intelligence".)

Le jeu consistant à inviter notre attention à participer de l'entièreté d'un processus moteur contenant au moins deux informations perçues par le mental comme antagonistes. Toutes les fonctions motrices du corps où l'on peut passer de "pilotage automatique" en "pilotage "manuel", sont utilisables.

En pilotage automatique la gestion simultanée de ces fonctions bilatérales antagonistes ne pose aucune difficulté et ne fait pas apparaître le moindre paradoxe. Mais dès que le mental veut assister à l'entièreté d'une seule de ces fonctions, les paradoxes surgissent. Comme nous l'avons vu, ces paradoxes ne sont pas dus au processus en lui-même, mais à la façon dont on y glisse son attention. C'est en cela qu'ils sont des lieux privilégiés, des articulations idéales pour changer de mode d'attention.

 

            Ces "Koan" Transparadoxaux utilisent les paradoxes sous forme d'invite. Ils posent des questions qui ne peuvent être résolues qu'avec le corps.

Ces paradoxes sont ainsi conçus que si l'on s'essaie à les résoudre, de suite ils impliquent l'entièreté de la personne et pas seulement les replis de l'intellect. Et bien que l'invite soit faite à l'intellect, d'évidence la solution va se  trouver  dans sa disparition.

 

            Bien sûr, dans un premier temps, si le mental est la seule façon d'être dont nous disposons, c'est lui qui va tenter de réussir la traversée de ces acrobatiques paradoxes. Et, il va mettre toute sa virtuosité à tenter de réussir ce qui lui semble être un challenge, et bien que cela soit "mécaniquement" impossible pour lui, il va s'essayer à penser à plusieurs choses contraires à la fois. Ce faisant, le voilà comme un chien face à deux gros os qu'il voudrait avaler tous les deux à la fois mais ne pouvant les saisir ensemble, court sans cesse de l'un à l'autre. Pareillement la bouche du mental est trop petite pour y faire entrer toutes les nourritures de l'instant... Il lui faut donc courir d'un ressenti à l'autre pour reconstituer de façon successive ce qui est simultané.

L'effet stroboscopique de cette virtuosité mentale, ne peut être maintenu très longtemps — rebondissant très vite d'un pôle à l'autre — à ce régime,  cette forme d'attention s'essouffle rapidement et on ne peut réaliser cela guère plus que quelques instants. D'autant que ce comportement produit comme une friction des polarités qui crée une sorte d'échauffement psychique. Et si l'on insiste trop, l'on doit se dégager de ces acrobaties mentales avec une impression de vertige et d'irritabilité.

Reste que ce fulgurant Tai-chi est une bonne gymnastique pour assouplir le mental. Et, l'inconfort qu'il provoque va favoriser la recherche d'une alternative et l'apparition du lâcher-prise.

 

*

            ... Vient un temps où l'on constate que cette totalité ne peut être le résultat d'aucune forme d’addition ou de multiplication, que d'évidence c'est notre "vouloir faire" qui est l'obstacle. Et que de toute façon, cela ne peut être fait, cela peut juste se produire.

Et après s'être heurté encore et encore à la transparence du carreau clos, d'un coup l'on s'aperçoit qu'à côté la fenêtre est grande ouverte.

 

            Ressentant physiquement que ce type d'attention est trop rigide pour se glisser et épouser la totalité du relief de l'acte en cours, l'on recherche un chemin plus fluide, une attention plus "liquide"... Voilà que la plasticité du corps laisse transparaître comme une "plasticité de l'attention", l'on découvre alors que cette souplesse de l'attention résulte d'un souffle d'une incroyable simplicité, que cette simplicité est pure vacuité... Que cette vacuité est pure simplicité...

Tout se passe comme si cette autre qualité d'attention nous était révélée dans le vide des articulations de notre corps.

 

            Lorsque le corps et l'esprit s'articulent au même endroit, alors, le moindre geste du corps, sa plus subtile immobilité, apprennent à l'esprit l'entièreté de l'instant.

 

            L'énigme de ces "koan" corps/esprit ne réside pas dans les obscures secrets qu'ils révèlent, mais tout au contraire, dans l'éblouissement de la terrible simplicité à laquelle ils nous confrontent.

 

 

 

 

Voir aussi,ici, des Exemples et exercices:

Qi-Gong et TRANSPARADOX-PERCEPTION

 

 



[10]Michel-Laurent Dioptaz, inventeur du terme "TRANSPARADOX" et des techniques Transparadoxales. voir :www.dioptaz.com

[0] La pratique du SARBACANA en est l'une des applications et expression, voir le site: http://www.sarbacana.com

[1] Voir à ce sujet les remarquables travaux de P. Watzawick et de l'école de Palo Alto dont il est l'une des figures principales.

 

[3] Le mental dédouble pareillement notre langage, c'est ainsi que chaque mot a son antonyme, c'est-à-dire son contraire, seuls quelques très rares mots n'ont pas de contraire. Pour l'approche transparadoxale ces mots sont synonymes les uns des autres (voir p 107) et ils déterminent l'espace-temps où se produit le phénomène Transparadoxal.

 

[4] L'équivalence la plus proche de "Transparadox" est le terme Zen de "Koan". Les "Koan" sont des formules questionnantes qui ne sont aucunement faites pour être résolues de façon conceptuelle mais qui doivent être expérimentées et éprouvées dans l'entièreté de la personne.

Les mots ne servant plus à véhiculer la transmission du savoir intellectuel d'une expérience, mais à utiliser la dynamique, l'énergie du paradoxe pour créer les conditions mêmes qui induisent cette expérience. Dans le Zen Rinzaï, il y a plusieurs degrés de Koan qui correspondent à des degrés de maturation spirituelle. Il existe tout un corpus de questions, chaque type de Koan induisant différents niveaux d'ouvertures et d'assouplissement du mental pour  permettre son lâcher-prise.

 

[5] "Transparadoxal" ou "Transparadox".

 

[6] Les Innuits utilisent paraît-il, vingt mots pour parler de la neige, cent mots pour désigner la glace... Nous disposons de si peu de mots pour désigner le territoire de l'Humain : "la conscience", ce lieu où tout à la fois nous habitons et qui nous habite.

 

[7] De plus "non-dualité", "union des contraires", sont des notions qui à proprement parler n'ont pas valeur expérimentale pour le "moi", elles ne le mettent pas au pied du mur comme peut le faire un paradoxe. Face au paradoxe, on ne peut se leurrer.

Par contre "non-dualité", "union des contraires" et ainsi de suite, sont des repères très confortables et même séduisants pour l'intellect et curieusement même pour l'ego. Ils ne le bousculent en rien mais tout au contraire lui offrent un flou artistique avec ce petit vertige qui lui ouvre les espaces de la rêverie et de l'imaginaire.

Mais, ce qui est parfois perdu de vue c'est que, si l'imaginaire ouvre les incommensurables et merveilleuses profondeurs de notre mental, jamais il n'en traverse les limites.

Est "Transparadoxal" ce qui traverse ces limites.

 

 [9] "Invites" que dans la pratique nous nommons "starter".

 
     
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